Kirghizstan

KIRGHIZSTAN

 

Kirghiztan

Avant que vous ne lisiez les résumés qui suivent nous souhaiterions rappeler que notre expérience personnelle ne prétend en aucun cas décrire une quelconque vérité définitive. Notre vécu sur le sol Kirghiz (ceci étant valable pour chacun des pays traversés) est le fruit de multiples facteurs dont une seule variante transformerait inévitablement la pulpe. 
Dépendant de l'année, de la saison, de l'actualité politique, des tensions entre différentes ethnies et traumatismes résultants de guerres, des régions, villes et villages traversées (en ce qui nous concerne régions sud-ouest jusque sud, côté frontalier Ouzbek vers coté Tadjik), des personnes rencontrées, de la durée de séjour ( 6 mois dont trois mois dans un petit village), du maniement de la langue (nous nous débrouillons bien en Russe, de quoi aborder et approfondir tout sujet, et avons de bonnes notions de Turc permettant de comprendre la teneur générale des conversations Kirghizes),  des moyens financiers (une centaine d'euros par mois) de la manière de voyager ( rappelant que le commerce d'animaux est un des moyens de subsistance les plus répandus et que notre âne Français, bien que petit pour nos régions Européennes, est deux fois plus grand et corpulent que les leurs), fut ce qui fut. Mais aurait pu, en d'autres circonstances, être autrement.
    Si mes propos sont parfois durs et plus portés sur les difficultés rencontrées c'est qu'ils correspondent à la nécessité du moment d'exorciser les blessures de nos cœurs sans doute trop sensibles et auparavant trop naïfs encore. Il me paraît donc important de préciser (ce que je fais bien d'avantage dans le livre auquel je travaille actuellement) qu'il nous a aussi été donné de faire des rencontres magnifiques dont les natures simples, vraies et vierges de tout intérêt furent autant de baumes pour nos cœurs souvent meurtris. Car le Kirghizstan, ô combien pays d'une nature immense et extraordinaire, régal des âmes et des yeux, fut, il est aussi vrai, le seul où notre tente fut caillassée par des enfants, le seul où nous avons dû faire face à la tentative du vol de notre mulet, le seul où la police à tenté de nous extorquer de l'argent, le seul où nous nous sommes fait tirer dessus, le seul où des hommes saouls ont tenté de s'introduire chez nous en braillant à voir «  la femme  », le seul où, arrivant de nuit dans un village de montagne, nous avons risqué l'agression...
Que d'autres voyageurs aient eu, de ce même pays, une vision uniquement magique et lumineuse, n'ôte en rien la véracité de ces expériences vécues, aussi bien que nos expériences n'ôtent en aucun cas la véracité des leurs. Chacun vit ce qu'il doit vivre selon les apprentissages qui lui sont nécessaires à chaque étape de sa vie.
    Je clôturerais cette introduction par une réalité que la distance dans le temps nous permis d'observer  : Si les situations de facilité peuvent permettre une certaine compréhension de soi et des autres ainsi qu'une certaine évolution de l'être, il n'y a que les situations les plus rudes, celles qui mettent le plus à l'épreuve, qui permettent au corps et à l'esprit de se surpasser et ainsi de transformer en consistance nos profondeurs, en tendant vers nos hauteurs.
Pour cette raison le Kirghizstan fut pour nous un trésor, nous lui en sommes infiniment reconnaissant.  

 

 

 

 

  30 Octobre 2013:

Deux cabanons de chantiers, une vieille barrière manuelle rouillée, trois agents douaniers. Il émane de la frontière Kirghize le sentiment d'un passage déjà gagné. Effectivement, deux trois blagues, un tampon, merci, au revoir. Pas même une seule allusion aux papiers de Rassoudok et Cortex. 
Derrière la barrière à bascule il nous faut faire un choix. Gauche? un probable hivers en pleine montagne dans la direction de Bishkek dont nous n'aurons peut-être pas le temps de nous rapprocher suffisamment pour y travailler... Droite? Vers Osh, les plaines, notre future direction vers la Chine... Dans ce choix David est la raison. Je suis le coeur. Mon coeur est rarement raisonnable. Mais après quelques kilomètres vers le Nord, nous fîmes marche arrière. La raison eut raison de moi.

Les premiers contacts avec la population furent assez désagréables. Régulièrement des hommes garaient leurs voitures. Sûrs d'eux, ils nous arrêtaient d'un geste autoritaire, observaient les animaux avec le respect d'un marchand intéressé par un esclave, et tentaient de nous forcer, dédaigneux, à vendre! Bonjour, merci, au revoir...Oublis.
Surpris par cet étrange et dur comportement nous faisions nos premiers pas sur ce territoire mi-amusés, mi-interloqués. La première journée dans un nouveau pays est pour nous souvent assez révélatrice, et ça n'était, apparemment, pas très bien engagé...
Olour, heureusement, se trouvait sur notre route. Il ne connaissait que trois mots d'anglais et fut ravi de nous les chanter: "Welcome to Kirghizstan!" C'était notre première nuit chez des hôtes Kirghizes.

      

 

 

    

  

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La suite de notre séjour dans ce pays reflète très bien cette première journée. Nos contacts avec les autochtones sont en dent de scie. Il ressort de leur comportement la douceur, le coeur et l'amitié avec l'un, la rudesse, l'irrespect et la cupidité avec l'autre.

 

  

 

le coton        le coton

 

 

 

 

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Nous mettons une dizaine de jours à atteindre la ville de Jalalabat. Sur le chemin quelques familles nous invitent à manger, à dormir, et deux personnes nous proposent de passer l'hivers chez elles. Il est intéressant de remarquer que, si certains habitants nous invitent et offrent thé et nourriture par gentillesse de coeur, d'autres ne semblent agir que par obligation. Leurs actes ne sont pas libres mais dictés par la religion. Nous sommes toujours très reconnaissant envers le moindre geste. Mais... Interrogation... Qu'apporte réellement à l'âme le fait d'aider autrui contraint par la tradition?

 

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12 Novembre 2013 ( 4 h du matin):

"Ils étaient quatre! grands et baraqués comme ça!" Nous raconte Misha, tout en dessinant dans l'air l'hypothétique taille des hommes. "Ils m'ont roué de coups! Et m'ont menacé de me tuer si vous n'étiez pas partis avant 6 h!" Visiblement, à son grand regret, son histoire ne nous inquiète pas. Nous n'en croyons pas un mot. Celui qui devait être notre propriétaire pour les 3 ou 4 prochains mois tente donc d'ajouter une dernière touche d'humour " Il y en avait même un qui était noir, avec une grosse cicatrice sur la joue!".
Pourtant je m'en était douté, la veille, quand nous avions croisé ce petit bonhomme de la quarantaine. Un premier sentiment fugitif m'avait laissé entendre de ne pas lui parler. Je me suis reprise. Les locaux nous annonçaient l'hivers très proche. Les premières gelées étaient déjà là, et ce n'était rien comparé aux -20, -30, -40 (!!!) qu'ils nous annonçaient. Le tri des personnes à questionner sur une maison à louer n'était donc pas vraiment de rigueur.
Et pourtant... La petite maison qu'il nous proposa semblait correcte.. Et son frère avait l'air de quelqu'un de formidable. Mais sa famille à lui, particulièrement les femmes, montrait étonnamment de l'animosité envers nous. Surtout sa belle-fille, avec son regard exterminateur... Le soir même, alors que nous avions plus ou moins conclu l'accord pour l'hivers, je me sentais mal à l'aise. Tout mon être me disait de quitter l'endroit.
Misha nous réveilla la même nuit, racontant son histoire abracadabrantesque. Merci de nous épargner quelques journées d'indécision!
6 h: départ. Nos tendres herbivores sont partant, et vu le froid, la marche ne peut que nous réchauffer.
Demi-tour. Cette direction semble défavorable.  

 

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 A midi déjà nous avons fait une belle ballade et visitons une nouvelle maison. L'endroit est spacieux et dispose d'un jardin et d'un abris pour les gros. Les alentours n'étant pas trop habités nous avons, en plus, la possibilité de les laisser libres. Il y a un poêle à bois. Adjugé, loué! Pour 1500 som par mois (un peu plus de 20 euros). 

Nous avons enfin un lieux à nous. Un lieux ou nous reposer durant les quelques prochains mois. Et qui plus est, un lieux confortable, avec possibilité de chauffer et l'électricité. C'est un sacré investissement pour nous. Il faut payer l'eau, l'électricité, le loyer,le charbon, le foin... Comme tout bon sédentaire. Pour nous permettre de pouvoir alléger les frais il fallut trouver un petit boulot dans le village. La seule option étant de donner des cours d'Anglais en échange de quelques "som" pour l'une de mes élèves, et de foin pour l'autre.

 

c'est chez nous! ou presque            

 

Pour nous, la possibilité de nous arrêter vivre dans un village Kirghize durant tout l'hivers offrait une chance incroyable de pouvoir partager le quotidien des habitants. Malheureusement il y a souvent un fossé entre les espérances et la réalité.
Les premières semaines furent un calvaire et chaque jour apportait son lot de mauvaises nouvelles et de stress. La malhonnêteté et les mensonges de notre nouveau propriétaire, la visite de la police tous les quelques jours suite à dénonciation de notre probable illégalité sur le territoire, la cupidité des marchands, des chauffeurs de taxi (ici tous les villageois possédant un véhicule font office de taxi lorsqu'ils vont rejoindre la ville se trouvant à 13 kms de là), des agents de l'eau et électricité pour qui tout est bon pour tenter de nous extorquer quelques som... alors que nous devons déjà économiser sur tout.
Nous sommes quand même parfois invités. La plupart du temps par tradition là encore... Personne ne cherche réellement à échanger avec nous, sauf Murat ( notre proprio) qui tente désespérément de trouver preuve de notre richesse et de se l'approprier. Nous sommes des étrangers. Nous le sommes depuis des années maintenant mais c'est la première fois que nous le vivons de manière si négative. 
Il nous est habituellement facile de deviner un coeur à la vue d'un visage. Mais ici, chaque figure semble un masque dont le regard change d'un jour à l'autre. Nous sommes régulièrement surpris de la méchanceté de certains que l'on avait cru bons.

 

...là...

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 dindes de nouvel an...Êtres!!!!! vivants!!!!!! :-(

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Heureusement tout n'est pas perdu! Ces expériences, d'apparence négative, nous offrent la possibilité de travailler sur nous même en profondeur. Accepter, ne pas se battre inutilement contre ce qui est, ne pas juger l'autre mais observer ce qui l'amène à être tel qu'il est, ne pas répondre hostilement à l'hostilité, mais au contraire apporter respect, sourire et gentillesse à ceux qui n'en ont pas. Il ne s'agit pas de ne pas voir les faits tels qu'ils sont, ni de se laisser marcher dessus. Au contraire. Mais avec une petite lumière, on peut essayer d'éclairer quelques ombres.
Et puis dans le village, il y a quand même quelques soleils. 

 

Kunduz, merci pour ton joli sourire :-)

  

Lune et minaret     

 

une église à Bishkek 

Tout d'abord Rosa et Mardjuda. Mes deux élèves de 15 ans. avec qui nous avons eut de sacrés rigolades! A force de discussions elles nous ont aussi permis de constater que si nous souffrons du comportement de nombreux Kirghizes, les Kirghizes eux-mêmes en font les frais.

Mardjuda et Rosa, mes petites élèves (auxquelles je donne des cours d'Anglais)


Djumakhan, la marchande du centre du village, malicieuse, toujours le sourire aux lèvres et prête à la blague, toujours égale, une confidente et amie qu'il me semble connaître depuis longtemps, tant le contact est facile et légé.
Et enfin les enfants! Chaque fois ravis de nous croiser, de nous saluer et venir nous serrer la main. Mais qui donc éduque l'autre? Les adultes, eux, se font arracher un "zdrastvitié" (bonjour en Russe) et n'en prennent presque jamais l'initiative.

 

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Ulak

 

Le but du jeux consiste à attraper la chèvre morte

Les spectateurs sont uniquement masculins        le rôle de la Vodka est primordial au vu des températures...

 

 

Les enfants aussi sont présents

 

 

Les gens s'amusent...     pendant que les chevaux en prennent plein la ...

 

Ulak, jeux traditionnel, rassemblant des foules

 

aybek

 

17 Février 2014:

Les deux semaines de neige et grands froids sont enfin terminées! Le temps est doux, les gelées de nuit légères, la neige fond dans les jardins et sur les hauteurs. Rassoudok et Cortex s'impatientent. Le jardin est trop petit. Ils ne se baladent plus libres dans les champs alentours depuis déjà un mois. C'est la faute à Cortex, voleur du foin des voisins... 
David est parti pour Bishkek à 8 h ce matin. à 500 kms d'ici attendent nos visas Chinois et Indien. Entre ces deux pays notre seule option semble le Pakistan. Plutôt compliqué quand les visas ne sont délivrés que dans notre pays d'origine. Mais nous sommes insistants, et la persévérance devrait porter ses fruits.

A son retour ce sera le temps des préparatifs et du départ. Nous laisserons derrière nous le village et ses villageois. Notre chance est d'avoir le choix d'aller. De pouvoir décider de prendre une direction ou une autre, de rester ou pas, d'accepter notre vie telle qu'elle est ou d'en changer. Ici, la plupart des gens pensent ne même pas avoir ce choix. Quelques jeunes, surtout des jeunes femmes, veulent changer ces mentalités. Le choix ne tombe pas du ciel, il faut s'en saisir. 

 

    Miracles    

Miracle, tu es partout, et quand j'ouvre mes yeux, enfin je t'aperçois

 

2 Mars 2014:

 

Sam

  

Nous sommes maintenant trois, Sam ayant rejoint l'équipée pour un mois. Nous quittons ensemble le village aussi silencieusement que nous y sommes arrivés. Sans débordements. Sans n'avoir posé aucune bombe ni dévergondé aucun adolescent... Contrairement au fantasme de certains villageois.
Il y a en ces mentalités comme un air de campagnes Turques... Avec la rudesse en plus.

 

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Notre propriétaire, Murat, semble enfin réaliser la réalité de notre vie lorsqu'il nous voit bâter les animaux et partir en ce froid début Mars. Les montagnes alentours sont encore enneigées. Son comportement change du tout au tout. Comme si, enfin, il levait le voile de cupidité de devant ses yeux et se mettait à voir vraiment.
Malheureusement, si cette population à déjà largement tendance d'elle-même à la cupidité intrasèque, ce défaut menant à la malhonnêteté est sur-amplifié par les agissements de certains touristes dont L'argent leur dégouline des doigts, malgrés qu'ils s'assurent parfois du contraire. Ils pensent que "tout travail mérite salaire", assassinant ainsi la notion d'entraide. Le mot lui-même perd sa nature fondamentale de gratuité ou de paiement par le sourire du coeur. L'entraide devient monnayable, donc se rarifie, dans l'enceinte même de la communauté. Mais ne généralisons pas, bien que Jumakhan soupire en constatant que les gens ont "le coeur froid", certains, comme elle, l'ont encore bien chaud.

 

photo avec un âne, mais lequel? 

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Notre première journée de marche nous mène tout droit chez Bazarbaï. Lui et sa famille sont Ouzbeks. Ils nous rappellent combien nous avions apprécié leur pays d'origine. Le père de famille s'inquiète pour nous, nous prévenant de la récurante obnubilation des gens pour la monnaie...Nous le rassurons, nous avons maintenant l'habitude! Et il cloture par une, bien vraie, expression Russe "les gens sont comme les cinq doigts de la main, tous différents!"

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6 Mars 2014:

Uzgen est une ville religieuse, à 85% Ouzbek, ou les gens sont bien sympatiques. Et qui dit Religieuse dit Religion, dit conversion, dit qu'on ira au paradis sinon pas, et dit aussi que si ces quelques mots "La ilaha illalla Mohamadour Rassoulola" sont prononcés, mots menant à l'Islam, alors celui qui nous aura donné la chance d'éviter l'enfer gagne des points. C'est l'ange posé sur son épaule droite qui les note.

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Portail1   Portail2

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Ca tombe plutôt bien, parce qu'avec en tête une probable entrée au Pakistan, un passage à pied dans une région à risque, et avec tout ce qu'on raconte sur les fanatiques religieux... Vrai ou pas, être musulman, ou paraître l'être, peut effectivement être un bon point, nous éviter de vivre un enfer.
C'est ainsi que j'appris à faire la première prière du matin (6h55 à cette période) avec Zarita. Ziavidin se chargeant de me donner les mots Arabes de la prière masculine, mots dont la traduction lui échappe pour la plupart. L'intention est toujours bonne, l'envie de bien faire clairement présente. Mais creusons juste un peu et il apparaît surtout un mimétisme culturel vide de compréhension. Gardons quand même à l'esprit que la notion principale ici retenue est d'aider son prochain et de faire le bien. Ce qui n'est pas un mal.

 

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Trois jours plus tard nous entamons nos premiers pas vers les montagnes. Ces premiers kilomètres qui nous mènent au pied des cols eneigés donnent le ton de nos futures difficultées. Commençons par une petite tempête de neige! Puis, logiquement, par un chemin enneigé... puis boueu... semé de ravins nous obligeant parfois à débâter... Et cloturons donc par une arivée de nuit -tout le monde usé et gelé- dans un village d'alcooliques agressifs, persuadés que nous sommes des terroristes. Les passeports que nous leur présentons sont faux. Facile à démontrer! les photos ne nous ressemblent pas! Nous ne parlons pas non plus Français... Ces Kirghizes connaissants bien mieux notre langue natale que nous même...

 aziz niece

11 Mars 2014:

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Il a bien dû faire -10. Par chance personne n'a eut froid. La Mosquée où nous aura conseillé de nous réfugier un des villageois nous aura préservé des déraillés. C'est tout de même, une fois de plus, de manière plus que rustre que trois riverains se présentent au levé du jour. Qui? Que? Quoi? Terroristes?... Par chance leur comportement se métamorphose après quelques réponses et nous repartons finalement avec plusieurs pains et du yahourt maison, ainsi que deux lourds sacs de grains pour Cortex et Rassoudok.

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Pano

ravin   arbre  

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Ici se trouve le point de départ d'un nouveau mode de fonctionnement. L'herbe ne sera plus sur des kilomètres et des kilomètres, il fera froid et plus encore, nous devrons traverser des cols de plus de 3600 mètres et nous protéger des loups qui, de dires, sont nombreux. Pour cette dernière complication Sam a une idée brillante.

Col 3600

Alors que tous espèrent nous voir porter une arme à feu en cas d'attaque par ces carnivores affamés en cette période, notre ami pense aux pétards! Ne blessent pas mais ont le mérite d'effrayer!

 

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Pour le reste, c'est là que débute la dépendance envers autrui. Nous avons besoin d'aide. Nous devons acheter du foin et demander l'hospitalité pour nous et nos compagnons aux longues oreilles. Pas toujours évident de demander. Pas toujours facile d'être accueillis gratuitement. Nous nous confrontons très régulièrement à l'avidité récurante des locaux. Mais nous n'avons pas les moyens de payer pour dormir, qui plus est dans des pièces non utilisées et donc non chauffées.
Heureusement, dans chaque village où nous décidons d'une halte, se trouve une ou plusieurs bonnes âmes qui ne nous laissent pas dehors : Nurlan, Toylik, les enseignants de l'école de Koroul, Aziz, Rosa, Aïtbeu...

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U korul ecole

 

Nous sommes presque chaque soir hébergés, nourris, et le foin nous est presque toujours offert. Sans oublier les quelques rares spontannées et sympatiques invitations à boire le thé ou à goutter beurre, crème et fromage comme chez Mir, Miriam, et Zina.

  

 U routeala mir

T depart trad enfants

 

19 Mars 2014:

 

Sam

 

Aujourd'hui Sam nous quitte. La veille, ensembles, nous avions parcourus en stop les 90 derniers kilomètres nous séparant de la frontière Chinoise d'Irkeshtam. Une manière pour lui de clôturer son voyage par une vue sur la Chine, une manière pour nous de constater les difficultées qui nous attendent et la possibilité ou non, de traverser cette zone à pied.
D'après les locaux "impossible". Trop de loups, trop froid, et pas de maisons ni villages où s'arrêter. Après le premier col se trouvant à 3615 mètre d'altitude la route ne descend plus en dessous des 3000, certes. Cependant, par chance, se trouve chaque 20 kilomètres au moins une maison, habitée ou non. Une possibilité de refuge. Et si nous devons transporter du foin, le miracle fait que quelques balots ont été perdu sur la route. L'impossible devient possible. Une aubaine pour nous!

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27 Mars 2014:

Après l'offre d'un petit déjeuné à base de tripes...Que nous avons dû refusé... au milieu de cette zone à la "Mad Max" de roulottes rouillées entre les déchets et Les ivrognes dont nous commençons à avoir l'habitude...

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Nous franchissons le premier poste Chinois. Enfin nous quittons Kirghizstan! Enfin nous nous éloignons de la population qui, malgré quelques belles exceptions, fut la plus rustre, arriérée, irrespectueuse et parfois même méchante que nous ayons rencontré jusque là.

 

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Les apparences étaient trompeuses. Ca se présentait pourtant bien. Mais le passage du deuxième poste nous fut refusé. Cause animalière...Malheureusement...
Comme après le refus de la Russie, nous avons une porte de sortie, nous pouvons faire demi-tour. Finalement les deux seules fois où la porte de derrière existe, la porte d'entrée s'est vérouillée. Comme si, lorsqu'aucun autre choix que celui d'avancer ne s'offre à nous et que nous remettons tout entre les mains du destin, celui-ci nous montrait sa gratitude. Ce qu'il ne fait pas apparement pas dans le cas contraire...
Plus l'Inde s'approche et plus l'étaud se resserre. Où aller? Tenter la deuxième frontière Chinoise à un mois de marche plus au Nord? Entrer au Tadjikistan?
Le recul est apparemment necessaire, alors soit. Reculons.

 

 


28.03.2014 :
Il faut parfois savoir reculer pour mieux sauter. C'est dans cette optique que nous montons notre campement deux kilomètres en arrière de la frontière, au bord de la rivière où se trouve, ô miracle, un groupement d'arbres offrant bois mort, et donc du feu. De la chaleur! A 200 mètres se trouve un poste de contrôle policier que nous pensons être notre assurance tranquilité durant ces quelques jours de réflexions nécessaires. Quelle naïveté!
Au son du galop de notre mulet libre qui vient se réfugier près de la tente, je sors. Un camion (de ceux qui transportent habituellement les chevaux) est arrêté sur la route en hauteur, quelques hommes sont autour du véhicule dont deux militaires du poste voisin. Ils observent un de leurs accolytes, une corde à la main, tentant de nous voler Cortex. Je leur hurle dessus tout en courant vers la route. L'effet est immédiat, l'action prend fin, et tout le monde fuit tout en riant et nous provoquant des bras. Les deux heures qui suivirent furent gaspillage de temps où je prévenais chefs douaniers et militaires de la frontière et de la région de l'aide de leurs collègues aux voleurs. Peine perdue! Ici personne ne peut rien, tout le monde est corrompu, et tout le monde couvre tout le monde.
De fait, et donc de force, nous retournons sur nos pas pour rejoindre Sari-Tash.

 

 

Sur la route nous prenons la décision de tenter le Sud, Tadkistan, Afghanistan, Pakistan. C'est la seule option qui semble encore s'offrir a nous pour rejoindre l'Inde, et, malheureusement, ce n'est pas la moins la risquée. Comme si ces pays que nous refusons depuis le début (Afghanistan et Pakistan) nous obligeaient, justement, à venir à eux.
Nous restons dans la bourgade une dizaine jours, dans la tente. Notre patience est sérieusement mise à l'épreuve, nous mourrons de voir enfin printemps et chaleur arriver. Du moins, de voir les montagnes du Pamir déblanchir ne serait-ce qu'un peu pour nous faciliter le chemin jusqu'à la frontière Tadjike qui n'est qu'à 50 kms. Cortex et Rassoudok, eux, sont aux anges. Ils passent leurs journées libres en dehors des clôtures où nous campons et où ils passent chaque nuit, clôtures protégeant un tas de foin de plusieurs tonnes dont ils profitent grassement matin et soir. Ils sont donc libres mais s'éloignent à peine, de peur de rater un repas!

 

 

 

 

 

 

 

Commentaires (1)

1. cindy lundi, 03 Mars 2014

Salut à vous !
Un coucou pour accompagner votre chemin, et bravo pour les photos, toujours sublimes... De notre côté, on s'adapte ENFIN au retour avec un mode de vie qui nous convient : chien de traineau l'hiver, berger en alpage l'été et notre petit bonhomme, Pierrot, né en septembre qui pousse !!!
Beaucoup de pensées et autant de bisous à vous et caresses aux grandes oreilles, Cindy.

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